mercredi 24 juin 2009

Une grippe anti-jeunes?


La grippe A touche surtout les jeunes

Par Gilbert Charles, l'Express, publié le 22/05/2009
http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/la-grippe-a-touche-surtout-les-jeunes_762254.html


Contrairement aux épidémies précédentes, le virus de la grippe A a une prédilection pour les adolescents et les jeunes adultes. Un phénomène que les spécialistes tentent de décrypter.

Elle ne fait plus les gros titres des journaux, mais elle continue de progresser. Les autorités sanitaires américaines continuent d'enregistrer une progression surprenante des cas de grippe, dont la moitié sont dues au nouveau virus dit Mexicain, alors que les maladies respiratoires disparaissent habituellement à cette période de l'année.
Aux Etats-Unis la moyenne d'âge des personnes atteintes de la grippe A est de 15 ans. Le virus, contrairement aux épidémies précédentes, touche surtout les jeunes.

Plus grave: il se confirme que la souche H1N1 a bien une prédilection pour les adolescents et les jeunes adultes, alors que les épidémies précédentes touchaient surtout les seniors. L'âge moyen des quelques 5000 cas confirmés officiellement outre-Atlantique est de 15 ans, et deux tiers des malades ont moins de 18 ans. Pour comparaison, 64% des morts de la pandémie de 1957 avaient plus de 65 ans ; et 52% lors de la grippe de Hong Kong, en 1968.

Propagation dans les écoles

Comment expliquer ce phénomène? Les chercheurs oscillent entre trois hypothèses. L'épidémie s'est peut-être propagée surtout dans les écoles, où la contamination est particulièrement facile (quatre établissements sont actuellement fermés aux Etats Unis): il s'agirait alors d'un simple biais statistique. Ou bien les jeunes sont spécialement vulnérables, pour des raisons encore ignorées. Il est également possible que les personnes plus âgées soient partiellement immunisées pour avoir été en contact dans leur jeunesse avec une forme de grippe similaire au à la souche H1N1. C'est la piste privilégiée des scientifiques du CDC, le centre américain de contrôle des maladies, qui ont publié hier (jeudi 20 mai) une étude sur des échantillons de sang qui met en évidence la présence d'anticorps contre le virus chez un tiers des plus de soixante ans, ce qui théoriquement les protègerait partiellement. Cette découverte pourrait avoir une importance capitale dans la politique de distribution du vaccin qui devrait être prêt d'ici quatre à cinq mois. Celui-ci devrait être administré en deux injections séparées de quelques jours, mais les personnes âgées immunisées pourraient n'avoir besoin que d'une seule dose.

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