vendredi 30 octobre 2009

Impunité en France de l'industrie pharmaceutique pour les effets secondaires des vaccins?



"les contrats contiennent d'éventuelles clauses délimitant la responsabilité des industriels en cas de survenue d'effets secondaires après vaccination."



LE MONDE | 30.10.09 | 15h38 Paul Benkimoun (avec AFP) Article paru dans l'édition du 31.10.09
La polémique enfle autour de la campagne de vaccination, tandis que la grippe A gagne du terrain en France
L'épidémie de grippe A(H1N1) s'étend en France, mais la campagne de vaccination massive de la population, qui débutera jeudi 12 novembre, divise l'opinion publique et les politiques.

L'Institut de veille sanitaire (InVS) indiquait dans un point de situation au mardi 27 octobre, que les différents réseaux de surveillance notaient "une nette augmentation des recours aux soins pour grippe clinique en ville", qui "se poursuit en Ile-de-France et touche également, de façon moindre, les plus grands centres urbains".

Début de la vaccination contre la grippe A, mardi 20 octobre 2009, pour le personnel hospitalier de Necker.

Les consultations chez les médecins généralistes ont augmenté de 55 % la semaine dernière, selon l'INVS.

Dans son bulletin daté du 28 octobre, le réseau des Groupes régionaux d'observation de la grippe estimait que "le nombre de cas de grippe en France métropolitaine est progressivement passé de 41 000, début octobre, à 167 000, la semaine du 19 au 24 octobre."

Sur le plan international, l'InVS indique que "l'activité grippale est en augmentation dans de nombreux pays de l'hémisphère Nord". Le nombre cumulé de morts dans le monde, confirmés et notifiés au 26 octobre est de 5 857, ce qui représente une augmentation de plus de 1 000 décès pour l'avant-dernière semaine d'octobre. Cette hausse notable serait essentiellement liée à un bilan rétrospectif des déclarations recueillies aux Etats-Unis et au Brésil.

"Bide"

Sur le plan politique, la journée du 29 octobre a été marquée par un vif échange à l'Assemblée nationale entre Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne) et la ministre de la santé Roselyne Bachelot. Rapporteur spécial du budget de la sécurité sociale, M. Bapt s'était rendu plus tôt dans la journée au ministère de la santé pour y consulter "sur place et sur pièces", comme sa fonction l'y autorise, les contrats de commande de vaccins contre le virus A(H1N1), signés par le gouvernement avec les industriels.

M. Bapt a précisé avoir annoncé sa venue au cabinet de la ministre, mais n'a pas réussi à obtenir les documents. "Je demande à consulter ces contrats, le fait qu'on semble vouloir me les cacher semble confirmer l'article du Point, ce qui serait particulièrement inquiétant", a lancé M. Bapt à Mme Bachelot, en faisant allusion au refus de l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) de transmettre les documents aux journalistes de l'hebdomadaire (Le Monde du 30 octobre).

"N'allez pas chercher les problèmes où il n'y en a pas. Les contrats sont chez l'adjudicateur, ne faites pas de mauvais procès", a rétorqué Mme Bachelot, avant d'ajouter : "Le rapporteur spécial peut avoir accès à tous les documents, il vient quand il veut, comme il veut." Le ministère de la santé a indiqué, le 28 octobre, que les contrats "seront transmis à toute personne morale" qui lui en fera la demande.

Outre les détails des marchés conclus à des prix différents selon les fabricants de vaccins, les contrats contiennent d'éventuelles clauses délimitant la responsabilité des industriels en cas de survenue d'effets secondaires après vaccination.

La politique vaccinale du gouvernement a également été critiquée par Jean-Marie Le Guen. Le député (PS, Paris), président du conseil d'administration de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, a qualifié de "gigantesque bide" la campagne de vaccination massive qui démarrera jeudi 12 novembre pour les catégories prioritaires de la population (femmes enceintes, nourrissons de 6 à 23 mois avec facteurs de risque, etc.).

La responsabilité en incombe, selon lui, à la "méfiance" suscitée par la politique gouvernementale, coupable à ses yeux d'"exagération". M. Le Guen a fustigé le "climat détestable" dans lequel se déroule la campagne, dû à "l'absence de transparence de l'information, des maladresses dans la communication et donc une méfiance de la population".

Un sondage IFOP, publié le 25 octobre dans Dimanche Ouest-France, indique que 17 % des Français se disent prêts à se faire vacciner contre la grippe A(H1N1).

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