mercredi 11 novembre 2009

"Avec un milliard de livres de revenus supplémentaires prévus au 4e trimestre, GlaxoSmithKline apparaît comme le plus grand "gagnant" de la pandémie"



Le vaccin contre la grippe H1N1 va doper le chiffre d'affaires des laboratoires

Agence France Presse, 11 novembre 2009
PARIS - Au moment où va débuter en France la campagne de vaccination du grand public contre la grippe H1N1, les laboratoires font leurs comptes et prévoient de confortables augmentations de revenus grâce à ces vaccins, un effet d'aubaine qui risque toutefois d'être temporaire.

"Clairement, c'est une aubaine" pour les laboratoires concernés, relève Sylvain Morgeau, du cabinet de conseil Alcimed. "L'effet sur le chiffre d'affaires de ces groupes va être flagrant".

.Avec un milliard de livres (1,12 milliard d'euros) de revenus supplémentaires prévus au 4e trimestre, GlaxoSmithKline (GSK) apparaît comme le plus grand "gagnant" de la pandémie

Outre son vaccin, le groupe britannique peut également compter sur ses ventes de masques ou de Relenza, un antiviral contre la grippe H1N1 concurrent du Tamiflu de Roche, dont les ventes, encore modestes, ont néanmoins explosé au 3e trimestre (+1417%).

Le suisse Novartis et le français Sanofi-Aventis prévoient respectivement, 400 à 700 millions de dollars (268 à 468 millions d'euros) et 500 millions de dollars (334 millions d'euros) de chiffre d'affaires supplémentaire au 4e trimestre grâce à leurs vaccins anti-grippe A.

Les ventes de vaccins "dépendront de la virulence de la pandémie, mais nous vendrons sans doute autant de vaccins au 1er trimestre 2010 qu'au 4e trimestre 2009", a même estimé le directeur général de Sanofi-Aventis Chris Viehbacher.

Pour Sanofi-Aventis, dont le vaccin, contrairement à ceux de ses concurrents, doit encore obtenir le feu vert des autorités de santé européennes, cette manne supplémentaire a même entraîné un relèvement de l'objectif annuel de bénéfice par action.

Au moment de négocier avec des gouvernements souvent pressés de conclure des accords, les laboratoires sont "arrivés en position de force", note un analyste qui a tenu à rester anonyme, pointant des tarifs pour ce vaccin "largement" supérieurs à ceux pratiqués pour la grippe saisonnière.

Il sera "30 à 40% plus cher que celui de la grippe saisonnière", assure le député PS Gérard Bapt, dans un récent entretien accordé à Libération.

En France, Sanofi-Pasteur, la branche vaccins de Sanofi-Aventis, a vendu son vaccin 6,25 euros hors taxes, GSK 7 euros, Novartis 9,34 euros et Baxter, auquel 50.000 doses seulement ont été commandées, 10 euros.

La France a commandé 50 millions de doses auprès de GSK, 28 millions auprès de Sanofi-Pasteur, 16 millions auprès de Novartis, puis 50.000 auprès du laboratoire américain Baxter.

Pas question pour autant pour les laboratoires d'espérer profiter d'une telle aubaine tous les ans.

"Il n'y a que si le virus mute comme le virus saisonnier le fait régulièrement qu'il faudrait avoir une vaccination annuelle", acquiesce Sylvain Morgeau, soulignant qu'"aujourd'hui, aucun expert virologue ne s'attend à ce type de changement".

"C'est un +one shot+, ou un +two shots+, parce qu'ils en vendront encore un peu en 2010, mais après, qu'est-ce qu'on fait?", interroge l'analyste qui a requis l'anonymat.

La deuxième vague de vaccination contre la grippe H1N1, à destination du grand public, après une première en direction des personnels de santé, sera lancée jeudi. Outre les personnels de santé et avant de prochaines vagues de vaccination, six millions de personnes sont potentiellement concernées.

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