dimanche 1 novembre 2009

Le gouvernement Ukrainien en appele à l'OTAN pour gérer la grippe


Grippe H1N1: l'Ukraine demande une aide d'urgence à ses voisins et alliés
Agence France Presse, 1 novembre 2009

KIEV — Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a demandé dimanche une aide d'urgence aux Etats-Unis, à l'Union européenne, à l'Otan et aux pays voisins de l'Ukraine afin d'enrayer l'épidémie de grippe H1N1 qui touche le pays, a annoncé la présidence dans un communiqué.

"La menace qui pèse actuellement sur le sécurité nationale de l'Ukraine et que nous ne pouvons neutraliser par nos seules forces m'oblige à demander une aide d'urgence à nos amis proches et partenaires stratégiques", écrit le président, cité dans le communiqué.

La lettre adressée par M. Iouchtchenko à ses homologues "contient une liste de médicaments et d'équipements de première nécessité dont le pays a besoin pour lutter efficacement contre la propagation de l'épidémie", poursuit le communiqué de la présidence.

Soixante personnes sont mortes en Ukraine de la grippe et de difficultés respiratoires aiguës, a annoncé dimanche soir le ministère de la Santé, sans pouvoir préciser toutefois combien de cas relèvent du virus H1N1.

Quatre cas mortels de grippe H1N1 ont pour l'heure été officiellement recensés, l'un par le ministère de la Santé, les trois autres par le Conseil de la sécurité nationale et de la défense.

Au total, 191.431 personnes souffrent de la grippe, pour l'essentiel dans l'ouest du pays, et 7.524 d'entre elles sont hospitalisées, dont plus d'une centaine dans des unités de soins intensifs. L'Ukraine compte 46 millions d'habitants.

Dimanche, plusieurs pays avaient répondu à l'appel à l'aide de Kiev, dont la Slovaquie et la Pologne.

"L'Ukraine a reçu de la Slovaquie 200.000 masques, soit la moitié des réserves de ce pays", a annoncé le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Pologne a également fait parvenir à Lviv, grande ville de l'ouest ukrainien proche de la frontière avec ce pays, un premier chargement contenant masques, appareils respiratoires et antiviral Tamiflu.

L'Ukraine a par ailleurs commandé d'urgence en Suisse 16 tonnes de Tamiflu, une quantité suffisante pour satisfaire les besoins mensuels de l'Ukraine, ont annoncé la présidence et le gouvernement.

Le Premier ministre Ioulia Timochenko devait accueillir la cargaison à l'aéroport de Kiev dans la nuit de dimanche à lundi.

Sur fond de campagne électorale, M. Iouchtchenko et Mme Timochenko, tous deux candidats à la présidentielle du 17 janvier, se livrent depuis plusieurs jours à une surenchère pour s'imposer dans la gestion de la crise liée à l'épidémie.

Mme Timochenko est apparue samedi et dimanche soir aux heures de grande écoute sur toutes les grandes chaînes de télévision pour tenter de rassurer ses concitoyens paniqués, tout en les appelant à se protéger avec des masques, quitte à les fabriquer eux-mêmes.

Dans une déclaration postée sur le site internet de la présidence, M. Iouchtchenko a pour sa part reproché au gouvernement de ne pas avoir mis en place les moyens nécessaires - banque de données, centre antigrippe - pour faire face à l'épidémie.


Les Ukrainiens dévalisent les pharmacies, paniqués par la grippe H1N1

De Oksana GRYTSENKO Agence France Presse, 31 octobre 2009

KIEV — Les Ukrainiens étaient sous le coup de la panique samedi, dévalisant les pharmacies en masques et traitements contre la grippe, au lendemain de l'annonce par le gouvernement de mesures drastiques contre l'épidémie de grippe H1N1 qui a fait au moins quatre morts dans le pays.

Dans plusieurs villes du pays, les habitants se plaignaient d'avoir du mal à trouver des médicaments contre la grippe.

"J'ai été dans plusieurs pharmacies, mais je ne peux trouver de médicaments nulle part", a raconté à l'AFP Elena Mikhaïlova, retraitée habitant à Kiev, la capitale.

"En attendant, la grippe progresse", a-t-elle ajouté, tout en se couvrant le visage d'un mouchoir en papier.

Quatre personnes sont mortes et 13 cas de grippe H1N1 ont été confirmés en Ukraine, a indiqué samedi le chef des services sanitaires du pays, Olexander Bilovol, dans des propos retransmis par la télévision.

M. Bilovol a par ailleurs déclaré que 36 personnes étaient décédées de pneumonie dans quatre régions occidentales du pays, sans qu'il soit possible de confirmer si ces morts sont liées au virus H1N1.

Le président Viktor Iouchtchenko a donné des chiffres bien plus élevés mais faisait référence à toutes les formes de grippe confondues. Selon l'agence de presse Interfax, il a déclaré que 48 personnes étaient décédées et que plus de 150.000 personnes avaient été infectées.

Vendredi, le Premier ministre Ioulia Timochenko a ordonné la fermeture de tous les établissements scolaires et l'annulation des rassemblements publics dans le pays pour trois semaines, des mesures uniques en Europe.

Le chef médical des forces armées, Piotr Melnik, a de son côté annoncé samedi que le service militaire serait interrompu pendant deux ou trois semaines en raison de la grippe H1N1, selon l'agence Ria Novosti.

A Lvov, dans l'ouest de l'Ukraine, certaines pharmacies étaient aussi en rupture de stock, tandis que les conducteurs de bus et trolleybus et de nombreux jeunes portaient des masques.

Mais pour Maria Teodorovitch, une autre retraitée, les établissements profiteraient de la panique."Regardez les queues ici, combien de médicaments ils ont vendu et combien ils ont augmenté les prix", a-t-elle déploré. "Les gens achètent tout ce qu'ils peuvent".

Andreï Kvas, masque sur le visage, ne prenait toutefois pas la psychose au sérieux. "Je mets un masque pour rire. Tous mes camarades de classe le font, donc je le fais aussi", a expliqué cet étudiant de 20 ans, dont l'université a interrompu les cours à cause de la maladie.

Aussi bien à Kiev qu'à Lvov, une rumeur courait, indiquant que des substances toxiques seraient pulvérisées dans les rues pour arrêter l'épidémie.

Vendredi, le porte-parole du ministère des Situations d'urgence, Igor Krol, avait appelé dans un communiqué à "ne pas céder aux provocations et à croire uniquement les informations officielles du gouvernement".

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