mercredi 11 novembre 2009

Timochenko accuse Iouchtchenko de "saboter" l'organisation des secours pour la grippe pour proclamer l'Etat d'urgence et reculer les éléctions



Grippe en Ukraine: 189 morts et querelle au sommet de l'Etat

Agence France Presse, 11 novembre 2009
KIEV - L'épidémie de grippe et de difficultés respiratoires aiguës a provoqué la mort de 189 personnes en Ukraine, où le président, Viktor Iouchtchenko, et son Premier ministre, Ioulia Timochenko, se sont accusés mutuellement mercredi de la mauvaise gestion de cette crise.

Environ 80 cas de virus H1N1 ont été recensés, dont 17 parmi les morts, ont indiqué des responsables du ministère de la Santé, cités par l'agence Interfax.

Plus de 1,12 million d'Ukrainiens sont tombés malades depuis fin octobre, selon les statistiques du ministère. Le précédent bilan publié mardi faisait état de 1,03 million de malades et de 174 décès.

Dans ce contexte, Mme Timochenko a vertement critiqué le refus de M. Iouchtchenko de promulguer la loi prévoyant l'octroi de 1 milliard de hryvnias (environ 830 millions d'euros) pour lutter contre la grippe.

Le Premier ministre a qualifié la position du président de "sabotage" visant selon elle à pousser la situation jusqu'à l'instauration de l'état d'urgence dans le pays.

Une telle mesure entraînerait l'ajournement de l'élection présidentielle prévue le 17 janvier, à laquelle Mme Timochenko est l'un des candidats favoris. M. Iouchtchenko est lui aussi en lice mais il n'a pratiquement aucune chance d'être réélu, selon les sondages.

"Je me demande où est la probité du président qui arrête ainsi la lutte contre l'épidémie et pourquoi (il) tente ainsi de retourner vers l'instauration de l'état d'urgence?" a-t-elle lancé sur un ton sec, lors d'un conseil des ministres, selon les images diffusées par la télévision.

"Non seulement c'est amoral, c'est criminel et la personne au pouvoir en répondra", a poursuivi Mme Timochenko.

"Il ne faut pas me faire chanter, c'est mon droit en tant que président", a rétorqué M. Iouchtchenko, selon lequel le pays, très touché par la crise, ne peut pas financer ces dépenses supplémentaires.

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