jeudi 21 janvier 2010

Les morts provoquées par le vaccin de Glaxo Smith Kline suscitent des interrogations en Algérie




Le laboratoire GSK mène campagne, Le Temps d'Algérie, 19-01-2010, http://www.letempsdz.com/content/view/30797/1/

La polémique suscitée sur l'efficience du vaccin contre la grippe A ne cesse d'augmenter. La réticence du personnel médical et de la population à se faire vacciner contre le virus H1N1 est la preuve tangible qu'une grande crainte est bel et bien installée depuis l'enregistrement du cas de décès suite à la vaccination.

Le corps médical estime qu'il y a un manque d'information terrible sur le vaccin, sa composition et ses effets réels. D'autres diront que cette crainte est due essentiellement aux informations et à la polémique qui s'en est suivie dans les pays de l'Europe sur les effets du vaccin. D'autres médecins l'imputent à la qualité du vaccin alors que d'autres diront que le problème est situé au niveau du suivi et de la prise en charge post-vaccination qui fait défaut.

Comment expliquer le cas de décès ?
Les avis des uns et des autres divergent et des éclaircissements sur la situation qui se présente actuellement sont plus que nécessaires. «A mon avis, c'est la qualité du vaccin qui fait peur aux gens et même au personnel médical qui manifestent des craintes sérieuses et refusent d'être vaccinés», nous a expliqué un médecin.

«Les médecins doutent que le vaccin commercialisé en Algérie soit le même que celui commercialisé dans les autres pays où la vaccination a été réussie et n'a pas enregistré autant de crainte.

C'est un problème de qualité, comme cela se pose pour n'importe quel autre produit. Le problème peut être posé au niveau du processus de fabrication comme il peut s'agir d'un problème de qualité des composants», a-t-il ajouté. La déclaration de cas mortels suite à la vaccination contre la grippe A, notamment dans le corps médical, a été fatale pour la campagne de vaccination menée par les pouvoirs publics.

«On se demande pourquoi il y a eu des morts. Ça a été dramatique notamment pour les personnes qui ne présentaient aucune anomalie sanitaire», a-t-il assuré. «Ceci étant, l'utilisation des substances comme le Tamiflu est largement recommandée. Les gens y répondent mieux et sont plus rassurés», a-t-il précisé.

«Il n'y a pas eu suffisamment d'informations sur ce vaccin», réplique un autre médecin. «Nous sommes dans le corps médical, nous nous documentons systématiquement mais en Algérie le manque d'informations sur le vaccin a été à l'origine de tous les problèmes que nous vivons», a-t-elle ajouté.

La campagne de vaccination ouverte dans les structures publiques depuis plusieurs semaines puis élargie, depuis une semaine, dans les structures privées de santé a eu les mêmes conséquences. «Les gens refusent de se faire vacciner. Ils sont catégoriques. Ils ne veulent pas mettre leur vie en péril par un vaccin dont ils ignorent les conséquences», a-t-elle précisé. Elle évoquera le manque d'informations sur l'adjuvant et son utilisation.

Absence de prise en charge post-vaccination
«Il faut informer les gens et répondre à leurs préoccupations pour qu'ils répondent mieux», a-t-elle ajouté. L'hypothèse du manque de prise en charge clinique après la vaccination est également évoqué par les médecins. «La prise en charge post-vaccination est également importante.

Cela peut être aussi un facteur qui expliquerait les cas de décès. C'est un nouveau vaccin que nous avons reçu et dont nous ignorons les effets, ce qui nécessite une prise en charge spécifique et minutieuse pour faire face à n'importe quelle réaction négative au vaccin», nous expliquera un autre médecin.

Toutes ces questions et préoccupations ont été soulevées lors d'une journée scientifique organisée hier par le laboratoire GSK sur le vaccin contre la grippe A/N1H1 à l'hôtel Hilton. Moins d'une cinquantaine de médecins ont pris part à cette journée à laquelle ont assisté également des représentants du ministère de la Santé.

L'objectif de cette rencontre, destinée aux professionnels de la santé, est de «montrer l'efficience de ce vaccin et de présenter l'expérience de vaccination faite dans les autres pays du monde», nous expliquent les médecins ayant pris part à cette rencontre.

Quatre communications ont été présentées par des experts canadiens et belges qui ont expliqué que le vaccin «est conforme aux normes internationales et que c'est le même qui a été utilisé dans les autres régions du monde, notamment au Moyen-Orient et dans la région du Maghreb avec succès», a-t-on appris.

Tout en saluant cette initiative louable du groupe GSK, les médecins diront que ce genre d'opération de sensibilisation et d'information devrait être mené par les pouvoirs publics algériens à l'égard des professionnels et de la population pour éviter la propagation de cette polémique.

Selon les mêmes spécialistes, ce genre de campagne aurait dû être tenu avant l'acquisition du vaccin pour diminuer la phobie qui a déjà gagné du terrain. Une rencontre similaire, a-t-on appris sur place, sera organisée au profit de la presse dans les prochains jours.
N. B.

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