mardi 18 mai 2010

Barack Obama, honorable président de l'industrie pharmaceutique


Lors de la campagne présidentielle américaine de 2008, "Barack Obama est celui qui a obtenu le plus d’argent de la part de l’industrie pharmaceutique". Deux mois seulement après la prestation de serment du nouveau président, une nouvelle grippe apparait mystérieusement à la frontière estadouno-méxicaine. L'état de panique orchestré par les mass média et les agences sanitaires nord américaines force les gouvernements des pays solvables à une gabegie financière au profit d'une industrie pharmaceutique en pleine crise économique. Elle est pas belle la vie?




L’argent des démocrates aux Etats-Unis
mercredi 9 avril 2008, le Monde Diplomatique

Coup sur coup, le Wall Street Journal vient de publier une enquête sur les bailleurs de fonds de la campagne présidentielle américaine, et le couple Clinton a rendu public l’état de ses revenus depuis le départ de l’ancien président de la Maison Blanche, en janvier 2001. Ces deux informations ont confirmé ce qu’on soupçonnait un peu : les grosses fortunes n’ont pas peur des démocrates ; les démocrates n’ont pas peur des grosses fortunes.

D’abord l’enquête du Center for Responsive Politics publiée par le Wall Street Journal (1). Elle révèle que sur les sept secteurs industriels ou financiers qui autrefois soutenaient le parti républicain, six, y compris le lobby militaire, appuient dorénavant le parti démocrate. Seule l’industrie des transports fait exception — et de justesse. Autre surprise, pas nécessairement rassurante pour qui escompte une profonde réforme du système d’assurance médicale américain, M. Barack Obama est celui qui a obtenu le plus d’argent de la part de l’industrie pharmaceutique.

Au total, les Sept ont versé 27,1 millions de dollars à la campagne présidentielle de Mme Hillary Clinton (chiffres calculés jusqu’en février dernier), 22,5 millions de dollars à celle du sénateur de l’Illinois, et 13,1 millions de dollars à celle du sénateur républicain de l’Arizona, M. John Mc Cain. Ce dernier a beau avoir voté dans le sens indiqué par le patronat américain dans 81 % des cas, il compte au nombre des sept élus républicains du Sénat (sur 47) les moins favorables au business...

Quelques jours après cette publication, éclairante pour qui soupçonne qu’aux Etats-Unis (et ailleurs ?) ceux qui signent les chèques rédigent les lois, le couple Clinton a rendu publics ses revenus du début 2001 à la fin 2008 : 109 millions de dollars. L’essentiel de ce magot a été obtenu grâce à des discours de l’ancien président (51,9 millions de dollars en huit ans), portant peut-être sur la nécessité du bénévolat. M. Clinton a également reçu 15 millions de dollars en échange de conseils, certainement avisés, à un milliardaire de la finance.

Comme la présence au Congrès, la présence à la Maison Blanche permet de rencontrer bien des gens fortunés qui se montrent ensuite disposés à faire la fortune des anciens présidents qu’ils ont rencontrés. Mais, pour accéder à la Maison Blanche, il faut beaucoup d’argent... La règle est-elle très différente dans le cas des parlementaires américains ? Apparemment non. Une étude relative à leur fortune, publiée le mois dernier, signale qu’ensemble, les 535 membres du Congrès possèdent 3,6 milliards de dollars. C’est infiniment plus qu’une collectivité ordinaire de 535 personnes tirées au hasard. D’ailleurs, alors qu’1% des Américains détiennent plus qu’1 million de dollars, en sus de leur résidence, 58% des sénateurs sont dans ce cas. Et 44% des membres de la Chambre des Représentants (2).

Somme toute, la démocratie représentative semble aux Etats-Unis faire bon ménage avec un pouvoir oligarchique. Mais on avait observé cette coïncidence ailleurs...
Serge Halimi

(1) « Business Donors Bypass McCain », Wall Street Journal, 2 avril 2008

(2) « Congress Has Wealth to Weather Economic Downturn », Center for Responsive Politics, 13 mars 2008.

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